Archives pour la catégorie performance

Insight in Koekelberg

Le cadre avait beau changer, chacune des expériences à eu lieu sur les 1,17 kilomètres carrés qui constituent son périmètre. La commune où je vis, Koekelberg, est l’une des plus petites de la région Bruxelloise.

La plupart se sont déroulées dans la salle d’attente du centre culturel néerlandophone GC DE PLATOO, ou à l’étage, pendant la pause de l’atelier couture qui y est organisé tous le lundi matin. Ou alors Rue Uytroeve, attablés au centre de la cafétéria de la maison de repos Aldante. Beaucoup plus rarement, à domicile, chez mon voisin Jo par exemple.

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« I was a young girl living in Ghana staying with my stepmother; she will not wake me and my sister up to go to school on time. My stepmother was Headmistress at the same school, so she will punish me because I could not do my house work in the morning. She will let me go to school without shoes as a punishment; as I grew up I think of this kind of treatment and I am sad. Today I am married with four children: I am in a group learning how to sew. In my class are deaf people. I really enjoy having the sewing class with them. I am learning the sign language. » Elisabeth

À chaque rencontre, j’ai eu la même impression. La sensation de me voir confier un trésor. L’histoire de quelqu’un, ce n’est pas rien. Nadia, Claire, Philippe, Aïcha, Tahir, Fatima ont tous accepté de me confier une partie de la leur. Ils se sont penchés sur la machine, y ont tapés une partie de leurs souvenirs. Des mots pour dire des jours. Des mots pour dire des voyages, des rêves, parfois des moments douloureux.

ABOUT INSIGHT

Nous avons tous un passé, un présent, un futur. Nous appartenons à différentes temporalités qui nous constituent en tant qu’êtres. Nos identités sont mouvantes, elles se dessinent et se redessinent au fil du temps et de nos voyages extérieurs et intérieurs.

Même lorsque nous vivons dans le pays d’où nous sommes originaires, nous nous sommes forcément déplacés. Nous avons exploré d’autres régions, nous avons voyagé. Nous franchissons des frontières, même à l’échelle d’une commune ou d’un même territoire.

Insight vous invite à relier deux expériences distinctes dans le temps et l’espace. Certains d’entre vous n’ont peut-être jamais quitté le continent européen. D’autres ont traversé des océans. Chaque une histoire est intéressante et mérite d’être racontée.

MOMENTS PUBLICS : BEWOGEN & SERENADE

Programmé dans le cadre du festival BEWOGEN, qui a d’ailleurs publié « Insight: Memories and stories that bring people together » au sujet de l’initiative, le projet fait également partie de la programmation de SERENADE 2020 dont la nouvelle date sera communiquée prochainement. (première date annulée)

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INSIGHT

Le temps et l’espace que nous parcourons dessinent les charpentes de nos histoires personnelles et collectives.

Au sein de l’installation participative « Insight », les un·es et les autres sont invité·e·s à prendre place autour de la table pour livrer quelques bribes de leur histoire, de leur parcours.

 

 

Les mots tissent des liens entre nos souvenirs et notre présent. Ils nous rappellent à nous-même, aux émotions vécues, aux êtres que nous aimons, même disparus.

L’installation participe « Insight » invite à relier deux expériences distinctes dans le temps et l’espace. Chaque une histoire est intéressante et mérite d’être racontée et partagée.

 

 

Installation dans le festival Arborescences/Plazey le 1/09/19.

Images: Jean-Luc Maas

« Je suis venu voir les gens danser autour de moi »

J’ai eu le plaisir de participer, en tant que danseuse et performeuse invitée, à la pièce « Je suis venu voir les gens danser autour de moi », un travail scéno-chorégraphique d’Anna Ten construit autour récit auto/biographique de Louis Labadens.

Images de la résidence qui s’est déroulée en septembre 2019 à La Balsamine. 

_MG_7902_MG_7903© Michel Christelbach 2019_MG_7912_MG_7916_MG_7923_MG_7936_MG_7944_MG_7901

Danse! Danse! Danse!

Natacha Grimaud by Yang Wang

Natacha Grimaud by Yang Wang

Une journée de la danse. Une drôle d’idée sans  doute, aussi drôle que cette invention loufoque qu’est la journée de la femme. Et la journée de l’homme, c’est quand la journée de l’homme?

Une journée de la danse donc. Aujourd’hui. Aujourd’hui, dimanche 29 avril 2012. Aujourd’hui, à  presque 29 ans (pour ceux qui voudront m’offrir des fraises et du champagne, je suis née le 9 mai), j’apprends (mieux vaut tard que jamais) que la danse a sa fête, et que sa fête, c’est aujourd’hui.

Drôle d’idée, disais-je donc. Idée étrange. Pourquoi étrange, me direz-vous? Etrange, parce que, voyez-vous, je suis de plus en plus convaincue que la danse devrait faire partie de notre vie, de notre vie de tous les jours.

Pendant longtemps, trop longtemps, j’ai cessé de danser. Je peux pourtant m’estimer heureuse, d’avoir été inscrite dans un cours de classique, de ballet, d’avoir pu scander le rythme des notes du piano avec des jetés, des grands jetés, des pliés et des grands pliés, des ronds de jambes et des ports de bras.

Et pourtant, des années durant, j’ai cessé de danser.

Quelque chose de très triste et de très sombre. Comme un manque qu’on ne sait pas dire. Comme le souvenir d’une caresse qu’on aurait presque oubliée, ou l’empreinte d’une douceur si sensible et si fragile qu’on pourrait tout au plus, l’avoir rêvée.

Parfois, je retrouve ce chemin. Ce souvenir cuisant, cette plaie béante, est toujours présente. Elle s’ouvre, parfois.

Retrouver ces sensations, plonger dedans, m’y baigner nue… Une joie pleine de tristesse, une douceur vivace, sentir ce coeur nu, à vif.

Je ne crois pas m’être jamais sentie plus humaine qu’en dansant.

Vulnérable et puissante.

Humaine.

Danse! Danse! Danse!

Le message officiel pour la Journée de la Danse, par Alkis Raftis, Président du Conseil International de la Danse (UNESCO, Paris).